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Variations invisibles

il y a 11 minutes
1 min de lecture

Je ferme les yeux

dans l'ombre des arbres


un bouquet tiède

né quelque part

s'éveille

au coin de la rue


je ferme les yeux

hume l’air du jardin


mes pensées

s’égayent

et se libèrent


un peu

comme

naît la poésie


dans la fragrance

d’un flacon brisé

offerte à la lumière

du crépuscule


je ferme les yeux

pour garder en moi


effluves de jasmin

et de citron

avant que la brise

du soir


mêlée aux giroflées

ne vienne les disperser


je ferme les yeux

pour réveiller mes sens

engourdis


goûter cette senteur

et chercher son nom


elle m’effleure

me serre la gorge


et m'échappe aussitôt

en ricochets de lune


je ferme les yeux

pour courtiser

le bruit du vent


avec ses pas de danse

dans une essence

en tourbillon


inattendu

inespéré


son odeur suave

un peu chaude

revient vers moi

se répète en moi


mes mains glissent

sur le bois du banc


je rouvre les yeux

sur les fleurs endormies


ma peau

se souvient.



Mbur - brocauteur 10/26 - texte écrit pour la soirée poésie de « Prête-moi ton nez » exposition de Sandrine Alouf à l’Oeil Bleu.


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